CLASSE DE NEIGE


Chers lectrices, Chers lecteurs,

Ici à la neige, tout va bien.

Notre amie Anne Cros, nous a invité à la colonie des médias, dans les Alpes Suisses, pour l’étape finale du Freeride World Tour, L’ XTREME VERBIER.

Nous avons brodé SPORT ÉTUDE sur nos vestes Arcteryx et sommes partis en train Paris- Genève avec les gars de Canal, Libération, Argentik et L’Equipe.

Pour se mettre dans l’ambiance Romande, Ovomaltine dans les poche, du bon Yodel hotel radio dans les oreilles, avec Daniel, un guide suisse de la team Recco nous servant de plan de pistes vivant pour arriver tout schuss, à la Fanzone de L’Xtreme Verbier. Jamais compris pourquoi on dit tout schuss mais c’est stylé comme expression.

Le Planté de décor, les riders doivent dévaler le légendaire BEC DES ROSSES, sans ratures ni fausses blessures, si possible, car les rochers ne blaguent pas. Même la retransmission télé ne peut pas remplacer ce que l’on voit. On ne se rend pas compte de la folie contrôlée du truc. Ces riders doivent certainement voir des vaches violettes, pour tracer des lignes poudreuses sur ce flanc de montagne.

Pas de piste, pas de checkpoint, pas de chrono, une porte de départ au sommet, une porte d’arrivée en bas et ça part en freestyle Snowboard et Ski, homme et femme.

Les juges se basent sur la ligne prise, la fluidité, le contrôle, le style, les sauts et la technique.

On discute avec Tiphanie Perrotin, Kiné dans la vie normale, Rookie of the year en snowboard. Elle est incroyablement chill, souriante, en train de prendre ses concurrentes dans les bras, tranquille. Elles sont toutes en FACE CHECK / VISU DE LA LIGNE, c’est à dire contrôle sécurité des conditions de neige pour le bon déroulement de la compét, puis elles regardent à la jumelle le chemin, la « ligne » qu’elles prendront le lendemain.

Plein soleil, raclette, hors piste, on a oublié la crème solaire. Le soir, chaud au visage, pâtes bolo des familles, bonne nuit.

Lendemain réveil tôt. Niels Saint Viteux, notre photographe pour ce numéro, part dans l’hélico avec les riders, pour aller au sommet du bec. Encore en bas à 9h, la télécabine est bondée, on est en retard donc YouTube obligé pour regarder le live streaming des snowboardeuses. Thiphanie Perrotin passe, gère sa ligne, elle est championne du monde. Genre, elle arrive dans le Freeride en rookie et en détente elle gagne le titre sans se la raconter en plus.
Les 3 premières montent sur le podium et là Snowboard Champagne !!!!

Tiphanie me dit qu’elle est d’abord vin rouge puis Génépi, mais bon, elle boit la bouteille de champagne qu’on lui donne. Traditionnel. Elle célèbre son titre avec le Tiphanie Perrotin Fan Club, un mélange de potes d’Annecy, collègues de travail de l’hôpital de Genève, amis de Verbier et son père qu’il l’a initié aux joies du Freeride dès l’enfance.

La priorité de Tiphanie, c’est de prendre plaisir. Même son style est un plaisir pour les yeux, sa manière de rider, son look et son mode de pensée.

Son rêve si elle gagnait ? Avoir sa Yoga Teacher. Investissement bien être. Quand elle déchausse la planche, elle grimpe, surf ou devient alpiniste. En admiration envers cette femme.

La finale est terminée, 2 nouveaux champions du monde surf, et 2 nouveaux en ski, il est environ 14h. Temps libre sur les pistes.On a encore oublié la crème solaire. en train de cramer mais ça va, on a nos Oakley sur le nez, le paysage est sublime. Sublimes, belles, vraies et fortes, les montagnes étaient sublimes, comme le dit Disiz.

Mon ovomaltine a fondu, j’avais zappé. Mais comme c’est de la poudre à l’intérieur, en vrai ça passe.

Nouvelle remise des prix dans le centre ville, c’est blindé, tout le monde est là, à part un rider homme ski, Aymar Navarro, qui pendant la finale, a sauté d’une hauteur d’un immeuble d’au moins 4 étages, et pris par la vitesse, à perdu l’équilibre. Chute impressionnante, on a eu peur mais seulement épaule cassée. Et je dis bien seulement car sa blessure n’est rien par rapport à l’accident.

Mais vous savez quoi, Aymar Navarro, dans le plus grand des calmes, était présent à l’after party, le bras en écharpe, visage tuméfié mais il tenait à être là. Julien me dit, " si tu savais... les accidents dans le Freeride, j’ai vu des blessures dingues.Surhumain.

Départ en van le lendemain, toute la colonie K.O. Le mélange air frais, plein soleil, haute altitude nous a eu. Retour à Paris, on est bronzé, la peau qui pèle. Verbier a gagné.

Tendrement Montagne



Photos - Niels Saint-Viteux pour Sport Étude Magazine
Texte - David Bellion
Creative direction - David Bellion & Julien Soulier
Agence - Anne Cros @ Stephanie Protet